Accueil Tribunes Le régime des intermittent-es est-il un privilège ?

Le régime des intermittent-es est-il un privilège ?

 

Tout d’abord, tordre le cou à un lieu commun :

intermittent-e, ce n’est pas un métier, c’est un régime d’indemnisation-chômage.

Depuis la dernière réforme, il faut cumuler 507 heures de travail en dix mois pour un technicien ou 507 heures en 10,5 mois pour un artiste pour pouvoir prétendre à ce type d’indemnisation. Pour mémoire, les salariés du régime général obtiennent une allocation de retour à l’emploi dès lors qu’ils ont cumulé 610 heures de travail sur 28 mois.

Pour renouveler l’accès au statut au bout de la période, si le nombre d’heures n’est pas atteint, il y a possibilité de prolonger la période de référence mais en augmentant le nombre d’heures de travail. Il faut donc se livrer en permanence à des calculs subtils pour ne pas se faire piéger entre les périodes de travail intense et les périodes d’inactivité.

1ère question : les bénéficiaires du régime de l’intermittence sont-ils des privilégiés ?

  • Un cachet valorise une journée de travail à 12 heures ; une suite de spectacles de minimum 5 jours ne valorise la journée de travail qu’à 8 heures par jour (quel que soit le nombre d’heures réel).
  • Les heures travaillées dans un pays hors Union Européenne ne sont pas valorisées (tournées)
  • Les jours de maladie et maternité sont valorisés à 5 heures.
  • La caisse des congés payés défavorise les bénéficiaires par rapport au pourcentage prélevé.

2ème question : les bénéficiaires du régime de l’intermittence sont-ils des privilégiés ?

Sur un registre plus général et politique, la culture n’est pas un secteur comme les autres. L’exception culturelle française doit être préservée au regard de l’OMC et autres accords internationaux. Il en va de même pour le régime des intermittents. Les écologistes portent des valeurs de partage du travail, de l’organisation du temps de travail et appellent de leurs vœux la mise en place d’un revenu minimum d’existence. Au-delà de la nécessaire reconnaissance du statut de l’artiste dans notre société, créateur de lien, garant de la diversité des esthétiques, symbole d’imagination et de liberté, le politique doit préserver les conditions pour une création artistique indépendante.

Quand on sait que la plupart des artistes vivent avec le minimum, assurent les répétitions souvent sans rémunération et dans des conditions parfois plus que précaires, il ne parait pas scandaleux de leur conserver ce régime spécifique d’indemnisation des périodes d’inactivité (si tant est qu’un artiste puisse être « inactif »).

 

Dernière question : les bénéficiaires du régime de l’intermittence sont-ils des privilégiés ?

VINET PHOTCV

Véronique Vinet, candidate Toulouse Vert Demain

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